Un manager me confie un jour : « Un de mes collaborateurs me ment régulièrement. Pas sur des sujets graves, mais assez souvent pour que je ne sache plus quand le croire. » Alors, d’où vient cette spirale du mensonge ?
Le cerveau s’habitue au mensonge
Neil Garret, chercheur à l’Université de Princeton, s’est intéressé au phénomène du mensonge et particulièrement la spirale du mensonge malgré les preuves factuelles du mensonge.
Ainsi, tout partirait de l’amygdale, située à l’intérieur du cerveau, qui régule les émotions, notamment la gêne ou la culpabilité ressentie au moment de mentir. A force de mentir, l’amygdale du menteur s’habituerait et perdrait sa sensibilité aux mensonges. Et donc, chaque mensonge devient alors un peu plus facile que le précédent.
Ce phénomène s’accentue lorsque la personne perçoit un gain personnel à mentir : éviter un reproche, préserver son image, gagner du temps. À l’inverse, quand le mensonge est pénalisant, l’individu a tendance à rester honnête.
Ce que cela change pour un manager
Revenons au collaborateur qui ment « un peu, souvent ». Les actes mensongers répétés créent une baisse de l’activité de l’amygdale, qui par un « effet d’adaptation » devient moins sensible aux conséquences engendrées par les mensonges, plongeant l’individu dans la spirale du mensonge (ou pente glissante).
Et cela déplace la question du manager. Non plus de Comment le ‘’sanctionner’’ ? à Qu’est-ce qui, dans la situation, rend le mensonge plus avantageux que la vérité ?
Donc interroger les gains perçus (éviter un conflit, ne pas décevoir, ne pas perdre la face…) ouvre une voie d’action plus fine que la confrontation frontale.
Comprendre cette spirale, c’est aussi se donner les moyens de l’interrompre tôt : en rendant la vérité moins coûteuse à dire que le mensonge à maintenir.




